Les femmes Maasai - qui se font appeler "Mama" - font tout ici. Plus j'en apprends sur la culture, plus je realise a quel point c'est une societe patriarchale. Le "but" principal d'une femme ici est de se marier (souvent tres jeune) et ensuite de donner naissance au plus grand nombre d'enfants possible. Si une fille ne termine pas son ecole primaire, ou n'y va tout simplement pas, elle a encore plus de chances d'etre mariee a un tres jeune age. Et une fois mariee, ses chances de poursuivre son education son incroyablement minces, voire nulles. Depuis le debut de mon stage, nous avons eu beaucoup de discussions tres interessantes avec notre guide, Sane, et d'autres hommes qui travaillent a Kudu Hills, comme Richard (la personne en charge d'Africa SOMA a Ewuas) et Kanzo, un autre guide. Nous avons eu de bonnes discussions sur les roles des hommes et de femmes dans la culture Maasai, mais malheureusement on recevait seulement le point de vue masculin. Les gars m'expliquaient donc que le role de la femme est de s'occuper des enfants (et d'en produire en quantite industrielle) et de construire la manyatta (la maison), alors que le role des hommes etait de subvenir aux besoins de leur famille, en s'occupant des animaux, et d'assurer leur bien-etre et leur protection. Ca paraissait qu'ils etaient tres fier d'associer ces roles honorables aux hommes Maasai. Mais en realite, ca represente tres peu comparativement a ce que les femmes font. Une journee typique pour la femme consiste a se lever tres tot, aller chercher du bois pour le feu (qui brule dans la manyatta a longueur de journee), ensuite aller chercher de l'eau (ce qui est tout un exploit en temps de secheresse), faire a manger, dans plusieurs cas s'occuper des animaux, et a travers tout ca, prendre soin des bebes et des jeunes enfants qui ne vont pas encore a l'ecole. Bien sur je ne peux pas dire que les hommes ne font rien, parce que ce n'est pas vrai. Plusieurs d'entres eux s'occupent des animaux, et ils sont souvent a la recherche de moyens de faire de l'argent pour acheter de la nourriture. Mais en general, ce que j'ai compris de la culture Maasai pendant mon premier mois ici, c'est que la charge de taches pour les femmes est incroyablement plus grande que celle des hommes. Malheureusement, tres peu de femme ont le temps de venir a Kudu pour passer du temps avec nous, contrairement aux hommes, donc c'est tres difficile d'avoir le point de vue d'une femme sur tout cela. Donc quand on va visiter certaines familles dans leur manyattas, on en profite pour poser quelques questions, mais surtout observer la dynamique familiale. Vous pouvez vous imaginer a quel point c'est different de ce a quoi je suis habituee, et a quel point c'est difficile pour moi d'observer tout cela sans m'indigner! J'ai donc hate de creer des liens plus personnels avec des femmes d'ici, pour pouvoir avoir leur point de vue et analyser la situation de facon encore plus precise.
Dans un autre ordre d'idees, lundi, Alana et moi avons eu la chance d'assister a un evenement incroyable. Nous sommes allees enseigner, comme d'habitude, mais en arrivant a l'ecole, on nous a dit que certains de nos eleves participaient, ce jour-la, a une competition de danses et chants traditionnels, a Kajiado. Ce festival rassemble plusieurs ecoles de la region qui presentent pendant toute la journee, et donc on a tout de suite decide qu'on voulait y assister. C'etait absolument incroyable! En arrivant la-bas, on etait entourees de centaines d'eleves, jeunes et moins jeunes, habilles en costumes traditionnels. Les filles portaient de longues "shukas", des robes colorees et garnies de billes de couleurs, avec des tonnes de colliers de billes qui font "tchik tchik" quand elles bougent. Les garcons, eux, portaient la shuka traditionnelle pour les hommes, qui est souvent rouge et noire ou rouge et mauve, avec des cerceaux de billes sur leur tete, et parfois meme des couronnes de plumes d'autruche. C'etait vraiment a couper le souffle. On a donc passe l'apres-midi a regarder des choregraphies de danse tres impressionantes, ou tous les eleves chantaient des chants traditionnels. Alana et moi on etait tres fieres de voir nos eleves participer a ce festival, et c'etait vraiment plaisant de voir des centaines de jeunes qui celebraient leur culture avec autant de plaisir. Ca a ete une experience vraiment incroyable, surtout parce que ca m'a donne l'impression d'assister a quelque chose d'unique et de tres beau.
Donc voila, j'ai deja fait mon premier mois au Kenya, et je n'en revient pas comme ca passe vite! J'essaie d'en profiter au maximum! :)
Je vous embrasse!!
Julia xxxxx
Wednesday, June 10, 2009
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hey Julia,
ReplyDeleteje suis contente d'avoir de tes nouvelles... ton stage a l'air vraiment interessant. J'ai hate d'en savoir plus sur la facon dont les femmes voient cette distribution des roles. Est-ce qu'elles ont une place dans les prises de decisions, la vie spirituelle, les echanges avec l'exterieur du village?
prends-tu des photos? j'espere et j'ai hate de les voir. bon ete
love. typhaine
Trop bien cette compétition de danse traditionnelle! J'aurais aimé voir ça.
ReplyDeleteContinue d'en profiter et d'en apprendre Ju, je pense à toi.
Gag
xx